Accouplements 52

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Soit ceci, tiré d’un article de Jean Dion dans le Devoir du jour :

Oui, ça célèbre fort. Un individu qui aurait été plongé dans un coma artificiellement induit pendant quelques années se demanderait par exemple ce que c’est que cette foutue sirène aux allures de corne de brume qui retentit après le moindre but dans la vénérable Ligue de hockey nationale. Oui, après chaque filet de l’équipe locale, même si le filet de l’équipe locale s’adonne à porter la marque à 7-1 en faveur de l’équipe visiteuse. Après une victoire, passe encore, mais après chaque but ? Les hourras de la foule en délire ne suffisent-ils plus ? Et qu’a donc la confrérie des annonceurs maison à hurler le nom du compteur — qui vient d’inscrire son 3e but en 527 matchs en carrière — comme si le gars se dirigeait sur une chaise à porteurs tout droit vers le Temple de la renommée ? Trop, c’est comme pas assez, si vous voulez l’avis d’un rabat-joie, un peu comme quand ils applaudissaient toutes les questions et les réponses à l’Assemblée nationale. On ne pourrait pas garder ça pour les vrais grands moments ? (p. B5)

Et l’extrait suivant de l’ouvrage In the Pressure of the Moment (2016) de David McNeil :

As a theatrical performance, sport constantly shows us the tension between spontaneity and ritual. Today, the spontaneous celebration is usually restricted to an immediate reaction after scoring, and then players will go down the entire team on the bench bumping fists ever so lightly. While allowing for the spontaneous, I feel that overdoing the celebratory sends the wrong message : «Look at me; I’m such a lousy player that I never expected to score.» […] My father and I agreed that the glove bumping is more ritualistic trouble than it’s worth, and we kept hoping the practice would disappear. (A dozen or so years later and it’s unfortunately still with us.) Also, if a hockey team wins anything in overtime today, forget about it; nobody’s going to be bumping fists. Some players like to butt helmets. Whatever (p. 201).

Le niveau baisse, on dirait, du moins dans le domaine de la célébration sportive.

Références

Dion, Jean, «Du calme», le Devoir, 21 avril 2016, p. B5.

McNeil, David, In the Pressure of the Moment. Remembering Gerry McNeil, Vancouver, Midtown Press, 2016, 285 p. Ill.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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