Accouplements 73

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Sur Twitter, Matthieu Dugal diffusait il y a quelques jours cette photographie d’un graffiti repéré sur un trottoir montréalais :

Graffit, Montréal, 2016L’injonction est simple et nette : «Regarde le ciel.»

En mars 2011, l’Oreille tendue prenait cette photo-ci, à Paris :

Graffit, Paris, 2011Cette interrogation — «Pourquoi restez-vous à regarder le ciel ?» —, comme l’écrivait l’Oreille en 2013, étonne : «Le paradoxe te frappera : tu regardes un trottoir qui te demande pourquoi tu regardes le ciel.»

On préférera, comme toujours, le paradoxe.

P.-S. — On notera le passage du tutoiement (montréalais) au vouvoiement (parisien).

 

[Complément du 10 novembre 2016]

Variation sur un thème connu, gracieuseté de Twitter.

«Regarde le ciel». graffiti

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

2 thoughts on “Accouplements 73”

  1. Le second graffiti est une citation des Actes des apôtres (Ac. 1, 11) où deux passants «habillés de blanc» adressent cette question aux apôtres qui viennent d’être témoin de l’ascension de Jésus vers le ciel. À l’origine donc, le «vous» utilisé en est un qui se réfère à plusieurs personnes et ce n’en est pas un de vouvoiement (pas parisien, et encore moins biblique) adressé au lecteur du graffiti.
    Mais le paradoxe signalé reste lui bien réel et très intéressant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *