De l’apocope
Publié le 17 janvier 2010
Tout le monde fréquente l’apocope. Le Petit Robert la définit ainsi : «Chute d’un phonème, d’une ou plusieurs syllabes à la fin d’un mot» (édition électronique de 2007). Exemples ? Télé pour télévision, cinéma pour cinématographe, taxi pour taximètre.
Dans 99 mots et expressions à foutre à la poubelle (2009), Jean-Louis Chiflet ne paraît guère apprécier ce type de troncation : l’«homme pressé» est «si pressé qu’il écourte tout, vivant à l’heure de l’apocope qui mutile les adolescents pour en faire des ados à vélo ou à moto qui vont au ciné porno même s’ils sont cathos» (p. 11).
J’ai déjà eu l’occasion de relever quelques formes nouvelles de l’apocope : diff pour difficile, confo pour confortable.
Dialogue à la radio, il y a peu : «Elle.— Je vous remercie. Lui. — C’est moi.» Comment désigner pareille coupure, chère aux garçons de café hexagonaux, non pas d’un phonème, d’une syllabe ou de plusieurs «à la fin d’un mot», mais de mots complets à la fin d’une phrase (C’est moi mis pour C’est moi qui vous remercie) ?
Doit-on parler d’apocope syntaxique ? Question full de diff, j’en conviens.
Référence
Chiflet, Jean-Loup, 99 mots et expressions à foutre à la poubelle, Paris, Seuil, coll. «Points. Le goût des mots», Hors série, inédit, P 2268, 2009, 122 p. Dessins de Pascal Le Brun.
4 réactions sur De l’apocope
Certains mots n’existent que dans ce seul but de nous mener à acheter un dictionnaire.
Ha ha!
J’ai déjà eu l’occasion de parler apocope lexicale (diff pour difficile, confo pour confortable) et apocope syntaxique (C’est moi, l’équipe école). [...]
[...] (C’est une apocope, genre.)
[...] C’est apprendre qu’un de ses neveux est en train de «se construire». [...]