Langue de campagne (14)

Il y a des mots neutres, sur lesquels tout le monde s’entend : candidat, circonscription, droit de vote.

Et il y a les objets de contentieux, ces mots dont les sens varient au fil des circonstances et des stratégies : démocratie, vote stratégique, intérêt supérieur de la nation (cette expression existe aussi au pluriel), chef (la question a été posée pour la Coalition avenir Québec), référendum (d’initiative populaire ou pas), cadre financier, classe moyenne (ou «contribuables moyens», pour le dire avec Amir Khadir, de Québec solidaire), valeurs, droite, gauche, néolibéralisme, identité, pays, autrement (comme dans «faire de la politique autrement»).

L’obscurité (potentielle) est à la fois un état de fait (linguistique) et une stratégie de communication (politique). Au Québec, mais pas seulement.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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