La clinique des phrases (l)

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit cet extrait d’une chronique gastronomique parue dans la Presse+ du 9 septembre :

Ambiance et décor : Magnifique lieu tout en nuances de blanc, moderne et accueillant, où se retrouvent les gens qui travaillent dans le Vieux-Montréal ou qui passent par là, et qui ont envie de manger des produits frais. Chouette terrasse.

Si l’Oreille comprend bien, les clients du restaurant doivent être proches de lui pour le fréquenter, soit parce qu’ils «travaillent dans le Vieux-Montréal», soit parce qu’ils «passent par là». Dans la mesure où il est en effet nécessaire de se trouver dans le quartier d’un restaurant pour y manger — autrement, c’est un brin compliqué —, cette phrase pourrait être simplifiée :

Ambiance et décor : Magnifique lieu tout en nuances de blanc, moderne et accueillant, où se retrouvent les gens qui ont envie de manger des produits frais dans le Vieux-Montréal. Chouette terrasse.

À votre service.

P.-S.—Cette chronique contient un bel exemple de langue de margarine : on y chante les louanges d’un établissement à la «modernité savoureuse, sans autre prétention». Le lieu est «moderne» et sert de la cuisine qui ne l’est pas moins. Cela met l’eau à la bouche de l’Oreille.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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