L’adverbe culinaire

L’Oreille tendue a un jour proposé de parler de langue de margarine pour désigner la langue de certains chroniqueurs gastronomiques, langue pétrie de lieux communs, de clichés, de tournures alambiquées.

Elle n’avait pas noté avant le 14 octobre combien cette langue raffole des adverbes. Exemples, tous tirés du même article : «totalement par hasard», «comptoir où commander, façon cantine, justement», «Apparemment, je suis la dernière à découvrir ce lieu», «le midi notamment», «résolument moderne» — le moderne n’existe que «résolument» —, «une cuisine vietnamienne qui ne nous fait pas perdre nos repères, mais qui est en même temps franchement actuelle», «la viande carrément fondante», «bouillon maison […] impeccablement doux», «profiter, justement, de tous ces éléments», «ce qui ne fait pas partie des manières de manger en Asie, généralement», «absolument essayer le café glacé à la vietnamienne», «c’est franchement délicieux». On aura remarqué que quelques-uns de ces adverbes sont utilisés plus d’une fois.

Ce sera tout pour l’instant.

Bon appétit.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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