Les zeugmes du dimanche matin et de Julio Cortázar

Julio Cortázar, Cronopes et Fameux, éd. de 1992, couverture

«Enfin l’homme comprit que l’heure avait sonné et il demanda audience au tyranneau du pays qui ressemblait à tous ses collègues et qui le reçut entouré de généraux, secrétaires et tasses de café.»

«Les Fameux fermèrent la fabrique et donnèrent un banquet plein de discours funèbres et de maîtres d’hôtel servant le poisson au milieu des soupirs.»

«Lorsque les Cronopes chantent leurs chansons préférées, ils le font avec tant d’enthousiasme qu’ils se laissent fréquemment renverser par des camions et cyclistes, tombent par la fenêtre, perdent ce qu’ils ont en poche et jusqu’au compte des jours.»

«Le roumain devint à la mode malgré la colère du gouvernement, et de nombreuses délégations allaient en cachette sur la tombe du Cronope pour y pleurer et déposer leur carte où proliféraient des noms connus à Bucarest, ville de philatélistes et d’attentats.»

«Ils allumèrent des cigarettes et s’en furent les uns en pyjama, les autres plus lentement.»

Julio Cortázar, Cronopes et Fameux, Paris, Gallimard, 2001. Traduction de Laure Guille-Bataillon. Édition numérique.

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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