L’oreille tendue de… Francis Ponge

Plaque, rue Francis-Ponge, Paris

«Merci, mais pardonnez-moi. Je ne saurais parler de Céline dont je n’ai jamais rien entendu. Il suffit de parler un peu fort pour que je n’y entende goutte. Telle est l’infirmité dont je souffre, — enfin dont je me persuade que je devrais souffrir, lorsque je vois certains visages frémir à l’écoute de telles ou telles explosives, ou rayonner à celle de telles ou telles fanfares dont j’aimerais bien, je vous l’assure, percevoir quelque chose, mais j’ai beau tendre l’oreille… C’est désespérant ! Le murmure de la moindre source, le chant de la moindre carpe pour moi couvre tout.»

Francis Ponge, «Réponse à une enquête sur Céline» (1962), dans Œuvres complètes, édition publiée sous la direction de Bernard Beugnot, avec la collaboration de Gérard Farasse, Jean-Marie Gleize, Jacinthe Martel, Robert Melançon, Philippe Met et Bernard Veck, Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque de la Pléiade», 487, 2002, t. II, p. 1393.

Illustration : plaque de la rue Francis-Ponge à Paris, photo déposée sur Wikimedia Commons

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