Paradoxale pudeur

Il y a quelques jours, l’Oreille tendue a reconnu — avoué aurait été trop fort — qu’elle aimait sacrer. Le chanteur Claude Dubois se trouve aujourd’hui dans une position partiellement semblable : il ne cache pas qu’il jure, mais il ne veut pas qu’on l’entende.

Contexte. Dubois et sa famille sont les héros (?) d’une téléréalité diffusée par le réseau québécois V. Mieux encore, le «docu-feuilleton» Dubois en réalité serait destiné à la famille (??). Voilà le nœud du problème.

Le personnage éponyme sacre dans la vie de tous les jours, ce que révèle la téléréalité, mais il exige qu’on masque ses jurons au moment de la diffusion, histoire de ne pas blesser les chastes (???) oreilles que lui tendent ses téléspectateurs. Exemple hypothétique : «Je m’en [bip], ma [bip].»

Cela l’oppose à ses producteurs et à son diffuseur : «On parle de quelques sacres, ce qui n’est rien en télévision, estime Tim Ringuette», le porte-parole de V. «Il y a des enfants à l’écoute», rétorque l’avocate de Dubois; «Et des blasphèmes, ce n’est pas acceptable dans une émission familiale.» Car l’affaire s’est retrouvée devant les tribunaux.

Pour récapituler : Claude Dubois accepte de vivre sous l’œil des caméras, mais il voudrait contrôler les micros. On a déjà vu des pudeurs plus convaincantes.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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