Langue de campagne (9)

Elle parle, conjugalement, de «notre gars» (débat des chefs, 19 août) et elle revendique sa maternité : «J’en ai quatre [des enfants]. Ch’pas mal contente» (face-à-face avec François Legault, 22 août). Pauline Marois (Parti québécois) est une mère.

Il annonce que sa fille attend un enfant. Jean Charest (Parti libéral) sera grand-père.

Sentant le besoin de solliciter plus activement le vote féminin, il fait maintenant sa tournée électorale avec sa femme. François Legault (Coalition avenir Québec) est un mari. Il sait qu’il arrive aux enfants de vedger. François Legault est un père.

Ce n’est pas tout.

Tous les chefs politiques québécois disent travailler pour le bien des générations à venir, «nos enfants et nos petits-enfants». François Legault a même exigé de Pauline Marois, lors de leur face-face du 22 août, qu’elle regarde «nos petits-enfants en pleine face». (L’Oreille tendue n’ose pas imaginer ce que ferait un esprit tordu de ce «nos», bien évidemment collectif et non pas personnel.)

Stéphane Laporte, enfin, dans la Presse du 17 août, rappelle qu’il y a, surtout au Parti québécois, des belles-mères : «“Ce n’est pas parce que tu t’es séparé de ma fille que je ne suis plus ta belle-mère !” — Bernard Landry à François Legault» (p. A1).

Les élections québécoises sont une affaire de famille.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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