La clinique des phrases (x)

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Voici un cas lourd et un beau défi :

Par ailleurs, lorsqu’il dit que les enfants de Mme de Sabran ne font pas assez de cas d’elle, il met en valeur l’estime qu’elle mérite pour les qualités qui la distinguent, que lui-même ressent, voulant que Delphine et Elzéar le prennent pour modèle pour l’expression de l’estime due à Éléonore.

Par où commencer ? Enlevons un «de» inutile.

Par ailleurs, lorsqu’il dit que les enfants de Mme de Sabran ne font pas assez cas d’elle, il met en valeur l’estime qu’elle mérite pour les qualités qui la distinguent, que lui-même ressent, voulant que Delphine et Elzéar le prennent pour modèle pour l’expression de l’estime due à Éléonore.

Clarifions au moins une identité.

Par ailleurs, lorsqu’il dit que les enfants de Mme de Sabran ne font pas assez cas de leur mère, il met en valeur l’estime qu’elle mérite pour les qualités qui la distinguent, que lui-même ressent, voulant que Delphine et Elzéar le prennent pour modèle pour l’expression de l’estime due à Éléonore.

Économisons une relative.

Par ailleurs, lorsqu’il dit que les enfants de Mme de Sabran ne font pas assez cas de leur mère, il met en valeur l’estime qu’elle mérite pour ses qualités distinctives, que lui-même ressent, voulant que Delphine et Elzéar le prennent pour modèle pour l’expression de l’estime due à Éléonore.

Simplifions un peu le début de la phrase, histoire d’éviter une répétition («estime»).

Par ailleurs, lorsqu’il dit que les enfants de Mme de Sabran ne font pas assez cas de leur mère, il met en valeur ses qualités distinctives, que lui-même ressent, voulant que Delphine et Elzéar le prennent pour modèle pour l’expression de l’estime due à Éléonore.

Scindons, refaisons complètement la suite de la phrase et essayons de comprendre.

Par ailleurs, lorsqu’il dit que les enfants de Mme de Sabran ne font pas assez cas de leur mère, il met en valeur ses qualités distinctives. Il ressent ces qualités et il veut que Delphine et Elzéar le prennent pour modèle pour l’expression de l’estime qu’ils doivent à Éléonore.

Allons un peu plus loin — en employant un verbe plus expressif («déplorer» pour «dire»), puis en enlevant un adjectif inutile («distinctifs»), une évidence («Il ressent ces qualités») et un «pour» de trop.

Par ailleurs, déplorant que les enfants de Mme de Sabran ne fassent pas assez cas de leur mère, il met en valeur ses qualités. Il veut que Delphine et Elzéar le prennent pour modèle dans l’expression de l’estime qu’ils doivent à Éléonore.

À votre service.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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