Le Québec de François Legault en trois dates

École de rang de la région de Granby (début XXe siècle)

Le 11 décembre 2019, le premier ministre du Québec, François Legault, rend visite au gouverneur de la Californie, Gavin Newsom. «Vous êtes catholique, n’est-ce pas ? Moi aussi. Tous les Canadiens français le sont», déclare-t-il alors. Ce portrait ethnicoreligieux ne correspond pas à celui du Québec d’aujourd’hui, pour le dire avec retenue.

Le 24 mars 2020, durant sa conférence de presse quotidienne au sujet de la pandémie, s’agissant des enfants de parents séparés, le premier ministre a affirmé ceci : «Le parent qui est le plus sévère, c’est peut-être celui qui devrait garder les enfants. Il faut que, idéalement, l’enfant reste avec le même parent.» Les spécialistes du droit de la famille, pour ne parler que d’eux, ont mal réagi à ces propos témoignant d’une conception datée des relations familiales.

Hier, le 10 avril, François Legault, contre toute attente, a évoqué la possibilité que les écoles et les services de garde de la province rouvrent avant la date prévue du 4 mai. Cela a semé la consternation chez beaucoup. Il y a dans cette annonce le modèle implicite de l’école de quartier ou de village, celle à laquelle on se rend à pied; dans pareils cas, les risques de contamination seraient peut-être moins grands qu’ailleurs (encore que cela reste à démontrer). Or quiconque a pris le métro à Montréal en début de matinée et en après-midi sait que ce modèle de l’école de proximité n’a plus cours : les enfants et adolescents sont partout. Faut-il le rappeler ? C’est à Montréal que la crise sanitaire actuelle frappe le plus durement.

Il y a, dans certaines prises de position publiques du premier ministre, l’image d’un Québec révolu.

Illustration : Wikipédia

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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