Une langue pleine de ressources
Publié le 09 septembre 2009
Le mot ressource est en voie de devenir un synonyme universel au Québec et aux alentours.
Il désigne le bois, le poisson, le poulamon, l’eau e tutti quanti. «La ressource est menacée», dira un bûcheron, un pêcheur, un habitant de Sainte-Anne-de-la-Pérade, un embouteilleur, s’il craint pour son gagne-pain. Comme elle est menacée, il ne faut pas la dilapider : «Les évêques du Nouveau-Brunswick en appellent au partage de la ressource» (la Presse, 2 septembre 2000). Même le vent n’est plus le vent : c’est une ressource éolienne.
Dite naturelle, la ressource se trouve plus facilement hors des grands centres, dans les régions, d’où l’existence de régions ressources. Attention : selon l’Institut du Nouveau Monde, elles seraient elles aussi menacées («Le déclin des régions ressources», cahier inséré dans le Devoir du 25 février 2006).
Il y avait des personnes-ressources; maintenant ce sont plus simplement des ressources. Le système scolaire en abrite plusieurs (mais pas assez). Telle enseignante de sciences dans un école montréalaise signe ses missives «Mme XXXXXX / Ressource sciences». Même la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport partage ce vocabulaire, comme l’indique son message de la rentrée à l’ensemble des parents québécois : «Nous avons accru le nombre de ressources qui viennent en aide à vos enfants.»
Imaginons la scène dans une classe : «Bonjour, je suis la ressource qui doit te venir en aide.» On se réjouit par avance.
3 réactions sur Une langue pleine de ressources
La semaine dernière, au beau milieu de la France (Morvan), j’ai tenu dans mes bras une carpe de 10,1 kg — euh pardon, une ressource halieutique de 10,1 kg. Ainsi parle le quotidien régional Le Journal du Centre.
J’ai déjà eu l’occasion de noter combien l’usage du mot ressource est devenu généralisé. [...]
[…] Une ressource, donc, c’est une personne ? […]