Et mon complément, vous l’avez vu ?
Publié le 09 novembre 2009
Les occasions ne me manquent jamais de déplorer l’emploi de quitter sans complément. Ce verbe n’est pourtant pas seul dans la triste catégorie du verbe orphelin.
Il y a évidemment, et banalement, consommer — de l’alcool, de la drogue, des médicaments, des substances interdites, toutes choses qu’il n’est pas nécessaire de nommer. Exemples : «Avec trois matchs en trois soirs, l’équipe qui compte aucun joueur qui consomme va avoir de la misère» (la Presse, 10 décembre 2003); «Une initiative surprenante, d’autant plus que Presley lui-même ne buvait pas d’alcool… même s’il consommait pas mal !» (la Presse, 17 juin 2004, cahier LP2, p. 2).
Moins banalement, on voit désormais, employés de façon absolue, faire une tentative (de suicide), consulter (le psy de son obédience) et rencontrer (quelqu’un d’un sexe qui nous sied) — comme dans «Son mari est mort le mois dernier. Elle veut attendre encore un peu avant de rencontrer.»
Un autre cas de ces économies lexicales qui nous entourent ?
3 réactions sur Et mon complément, vous l’avez vu ?
Consommer, employé sans complément, est de celles-là. J’en ai donné quelques exemples tirés de la presse quotidienne ici. [...]
[...] Elle apprécie l’usage assumé et constant, sauf dans «Jigai», géographie oblige, de la langue populaire québécoise («consulter» employé intransitivement, «bouette», «cossins», etc.). [...]
Dans le monde universitaire: rédiger…