Royauté libérale
Publié le 11 septembre 2012
L’Oreille tendue le faisait remarquer l’autre jour : la récente campagne électorale québécoise a fait sortir des limbes quelques termes du lexique politique («cassette», «autopeluredebananisation», «caribous», «réingénierie»).
Elle y a aussi fait entrer l’ex-premier ministre du Québec, Jean Charest. Défait dans sa propre circonscription, le chef du Parti libéral a démissionné de son poste. Par conséquent, il faudra qu’un nouveau chef soit élu.
Or, au Québec, au cours des dernières années, peu de chefs politiques ont dû faire face à la concurrence au moment de leur entrée à la tête de leur parti. Comme ils étaient seuls en lice, ils ont eu droit à un «couronnement».
«Couronnement» ? Voici la définition qu’en proposait le Dictionnaire québécois instantané cosigné par l’Oreille en 2004 :
Élection tout ce qu’il y a de plus démocratique d’un candidat qui anéantit prédémocratiquement tous ses opposants. Le couronnement de Jean Charest. Le couronnement de Lucien Bouchard. Le couronnement de Bernard Landry. Le couronnement de Paul Martin. «Le PQ arrête la date du couronnement : le 3 mars» (la Presse, 28 janvier 2001). «Le scénario du couronnement est bien rodé» (le Devoir, 29 janvier 2001). «Un pas de plus vers le couronnement» (le Devoir, 20-21 septembre 2003) (p. 54-55).
Le mot réapparaîtra-t-il dans la course à la chefferie libérale ? Il était en tout cas sous la plume de Michel David dans le Devoir du 8 septembre (p. B3). Voyons voir.
P.S.—Dans la même situation, il est parfois question de «plébiscite».
P.P.S.—En France, on parle plutôt de «sacre» : «Le sacre de Sarkozy» (le Devoir, 13-14 janvier 2007, p. B1).
[Complément du 12 septembre 2012]
Était-ce couru ? Le jour où l’Oreille tendue mettait ce texte en ligne, le Devoir affirmait ne pas croire à un «sacre expéditif» (p. A3).
Référence
Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, Dictionnaire québécois instantané, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.
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