Projet bien rangé

«Là, quelque part, tsé.»
Mario Tremblay
Réseau des sports, 17 mai 2013

Lisant le quotidien le Devoir de la fin de semaine dernière, l’Oreille tendue est tombée à deux reprises, dans des entretiens, sur une expression souvent entendue au Québec : «à quelque part». (Elle a déjà évoqué cette étonnante et néanmoins fréquente tournure — ainsi que l’inutilité de la préposition àici.)

Elle a signalé la chose sur Twitter.

 

La réponse de Luc Jodoin à ce tweet — «On entend souvent : en keke part» — mérite un double commentaire.

D’une part, le en de «en quelque part» n’est guère plus utile que le à.

D’autre part, «quelque part» peut avoir un sens élargi (là-bas) et un sens restreint (là derrière).

Exemple, tiré du Dictionnaire québécois instantané, à l’entrée kekpart :

Désigne une partie de l’anatomie qui n’était pas à l’origine destinée au rangement. Son projet, il peut se le fourrer kekpart (p. 125).

En pareil contexte, il peut se le fourrer en kekpart ne serait pas inusité.

 

Référence

Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, Dictionnaire québécois instantané, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha. Édition de poche : Montréal, Fides, coll. «Biblio-Fides», 2019, 234 p.

Benoît Melançon, en collaboration avec Pierre Popovic, Dictionnaire québécois instantané, 2019, couverture

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*