Technique d’écriture locale

«Feuilles d’érable à sucre», 2006

Quel est le travail de préparation d’un écrivain ? Lisons le romancier québécois Robert Charbonneau, dans Aucune créature, en 1961 :

Il aimait potasser ces énormes liasses de notes, les réduire à la façon de la sève d’érable qu’on fait bouillir au printemps, les ordonner, les compléter, détruire celles qui faisaient double emploi, oblitérer les pistes abandonnées. En relisant ses notes, il pouvait voir tous les méandres de la composition, les retours en arrière, les progrès lents et pénibles, les sauts brusques, les poussées en avant, plus tard délaissées au profit de turgescences d’abord anodines. Il entrait dans la période fiévreuse, la plus enthousiaste de la création, trop longue à certains égards, trop courte à d’autres, où l’œuvre prend corps, devient organique, viable (p. 91).

On appréciera la comparaison avec la «sève d’érable qu’on fait bouillir au printemps».

 

Illustration : «Feuilles d’érable à sucre», 2006, photo déposée sur Wikimedia Commons

 

Référence

Charbonneau, Robert, Aucune créature. Roman, Montréal, Beauchemin, 1961, 178 p.

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

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