De l’attraction linguistique

Publié le 02 mars 2010

J’ai déjà signalé les vertus pédagogiques et cognitives de Vie d’Anne-Sophie Bonenfant. Un dernier mot sur ce roman de François Blais, s’agissant cette fois de ce que les linguistes appellent le code-switching.

Soit les deux phrases suivantes : «Quand les dieux vont apprendre la chose, ça gonna chier, c’est clair» (p. 78); «on avait brainstormé fort» (p. 83).

La seconde suppose une connaissance minimale de l’anglais (son brainstorm transformé en participe passé français), mais la syntaxe est transparente.

La première est plus étonnante : dans le ça gonna, il faut entendre it’s gonna (it’s going to). Cet emploi du futur proche pousse un cran plus loin l’attraction linguistique.

Un cran trop loin, diront certains.

Référence

Blais, François, Vie d’Anne-Sophie Bonenfant, Québec, L’instant même, 2009, 241 p.


4 réactions sur De l’attraction linguistique

  • rainette dit :

    un cran plus loin, ça c’est certain ! Jusqu’à présent je n’avais entendu que des :

    j’y go

    ou bien des :

    ça va pas today

    Mais le futur rapproché, là, c’est fort.

  • Je parlais, il y a quelques jours, d’un étonnant cas de code-switching dans le roman Vie d’Anne-Sophie Bonenfant de François Blais [...].

  • [...] Cela peut être volontaire; c’est le cas chez François Blais dans Vie d’Anne-Sophie Bonenfant ou dans la publicité du réseau des écoles publiques anglophones du Québec. [...]

  • [...] un nouveau cas d’«alternance codique» (code-switching), avec rime. [...]

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