Le zeugme du dimanche matin

«Un but qui va faire du bien au moral et au banc» (Benoît Brunet, réseau télévisé RDS, 7 octobre 2010).

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

5 thoughts on “Le zeugme du dimanche matin”

  1. Je m’interroge: ne s’agit-il pas avant tout d’une (double) métonymie — « le banc » valant pour les joueurs, et plus spécifiquement pour leur moral? Si c’est bien le sens de la phrase (ce que laisse penser son énonciateur et le réseau télévisé), je ne suis pas certaine de voir où est le zeugme, et j’irais même jusqu’à trouver que la syntaxe est boiteuse (l’énumération des bienfaits du but: « au moral et au moral des joueurs »?!)… Il me semble que dire « un but qui va faire du bien au moral des spectateurs et des joueurs » aurait été plus correct. Ou, pour préserver la métonymie et en rajouter une (il n’y a jamais trop de métonymies dans le sociolecte sportif): « un but qui va faire du bien au moral des gradins et du banc ». Non?

    1. Ô brimili ! C’est encore plus compliqué que cela. Le match était joué à Toronto : le moral dont parlait Benoît Brunet était donc bien celui des joueurs des Canadiens, et pas celui des partisans des Maple Leafs du lieu. Or le «banc» était aussi celui des Canadiens (vous avez vu juste). Si l’on voulait comprendre le sens de ce que Benoît Brunet a voulu dire — mais nul n’y est tenu —, il faudrait imaginer ceci. Le but que venaient de marquer les Canadiens allait faire du bien au moral des joueurs de l’équipe, d’abord à ceux qui se trouvaient sur la glace (mais pas seulement), et il allait aussi encourager les joueurs qui n’étaient pas sur la glace (le «banc») pour la suite du match. D’où la conclusion suivante : Benoît Brunet parlait des joueurs des Canadiens à deux moments différents du match. Devant pareille polysémie, l’Oreille tendue a choisi, par commodité, voire par paresse, de signaler la structure boiteuse (le zeugme) plus que le dérive du sens.

      1. Ah le match était joué à Toronto! En effet, ça change tout. En tout cas, voilà qui inaugure bien la saison 2010-2011 du commentaire de commentaire sportif!

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