Des lecteurs bienveillants

L’Oreille tendue aime le sport, et lire sur icelui. Il lui arrive cependant de trouver que les pages sportives de ses quotidiens ont un rapport étrange avec la langue.

À l’occasion, elle relève sur Twitter quelques perles. Il arrive que ses lecteurs soient moins sévères qu’elle et qu’ils laissent la chance au coureur.

Exemples récents.

I.

Tweet : «Le cahier des sports de la Presse d’aujourd’hui [30 mai 2012] parle d’un “faux pseudonyme” (p. 7). Il y en a des vrais ?».

Commentaire de @PimpetteDunoyer : «dans la mesure où on peut enregistrer sur son passeport un nom d’artiste (attesté par un témoin), serait-ce une distinction ?».

La bienveillance des lecteurs de l’Oreille les honore.

II.

Tweet : «Selon la Presse, l’équipe de foot mexicaine est la “sélection aztèque” (cahier Sports, 4/6/12, p. 10). La moyenne d’âge doit être élevée.»

Commentaire de @Guibel54 : «On surnomme également la sélection égyptienne “les Pharaons”…»

Bis.

III.

Tweet : «Le Cirque du soleil encourage l’âge d’or : il “a dévoilé, hier, le nom des huit étudiants athlètes émérites […]” (la Presse, 7/6/12, Sport).»

Émérite selon le Petit Robert (édition numérique de 2010) ? 1. «Retraité, honoraire.» 2. «Qui a une longue pratique de la chose, a vieilli dans son emploi»; «Qui, par une longue pratique, a acquis une compétence, une habileté remarquable.» On devrait espérer qu’il y ait peu d’«étudiants émérites».

La Presse attend toujours son défenseur.

IV.

Tweet : «“En se départissant d’Andy Murray […]” (la Presse, 7 juin 2012, cahier Sport, p. 10) : une faute de conjugaison, une faute de sens, six mots.»

Bis.

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

2 thoughts on “Des lecteurs bienveillants”

    1. L’Oreille n’est pas sûre que ce soit un québécisme, mais il est vrai que le Nouvel Observateur ou le Petit Robert ne connaissent qu’une conjugaison. Pour eux, le modèle de conjugaison est partir, et non finir. Le pion qui sommeille en l’Oreille est sensible à ce genre de chose, heureusement ou pas.

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