Affaire de registre

La Presse+, 6 janvier 2014

Soit la phrase suivante : «On ne chantera jamais assez les louanges de la grande patinoire internationale de hockey qui accroît la fluidité du jeu et en accélère le rythme, où l’on n’est pas sans cesse en train de se colletailler et d’avoir maille à partir dans les coins» (le Devoir, 17 février 2014, p. A1).

Qui, au Québec, se colletaille (verbe toujours réfléchi) est aux prises avec quelqu’un ou quelque chose. Selon toute vraisemblance, ce mot, attesté depuis le XIXe siècle, vient de se colleter.

En matière de préposition, se colletailler se construit avec avec, avec à («Après s’être colletaillées […] à une économie chancelante», écrivait la Presse+ le 6 janvier 2014) ou avec sur (le dictionnaire en ligne Usito donne l’exemple suivant : «Québec et Ottawa se colletaillent sur la réforme du Sénat», le Devoir, 2007).

Le verbe s’emploie itou absolument («l’on n’est pas sans cesse en train de se colletailler»).

Ou il ne s’emploie pas, du moins dans certains registres. Tout le monde n’a pas à se colletailler avec lui.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

2 thoughts on “Affaire de registre”

  1. À ne pas confondre avec « se coltiner », quoique, dans certains usages, la parenté ne soit pas que phonétique.

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