Québécogermanisme de bon aloi ?

L’Oreille tendue n’hésite jamais à se dévouer pour ses bénéficiaires. Elle vient donc de mener un sondage scientifique auprès d’un échantillon représentatif de jeunes de 17 ans (n = 1), histoire de voir quelle expression est à la mode dans sa cohorte.

Résultat ? «Ça, c’est la heiss.» Traduction libre : «Ça, c’est l’enfer.»

Cela concorde avec la connotation de chaleur du mot allemand heiß. Mais comment l’expression s’est-elle acclimatée sur les rives du Saint-Laurent ?

 

[Complément du 10 septembre 2018]

La Presse+ publiait hier un article intitulé «Le nouveau joual de la métropole». Entrée en matière : «Oubliez le franglais. Montréal est plus multiculturel que jamais et l’argot de la métropole est désormais de plus en plus mâtiné de créole et d’arabe. Regard sur un phénomène linguistique qui s’étend dans tous les quartiers de l’île.»

Dans le «Petit glossaire de l’argot montréalais» qui accompagne l’article, on lit ceci : «(A) Hess = misère», «(A)» renvoyant à «Arabe».

Cela confirme ce qui se trouve dans les commentaires ci-dessous.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

2 thoughts on “Québécogermanisme de bon aloi ?”

  1. Bonjour, j’ai assisté à votre conférence au collège de Rosemont et je n’avais pas compris l’expression « heiss ». Cependant , en la voyant par écrit, je crois qu’il y a eu une déformation. Cela pourrait venir d’une expression utilisée principalement par les jeunes français (surtout dans les cités et donc dans la culture hip hop) « c’est la HESS » qui signifierait à peu près « c’est la misère ». Dans ce cas, sans en être 100% sûre, le mot « Hess » viendrait de l’arabe.

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