Pas plus tard que la semaine dernière, l’Oreille tendue avouait à ses bénéficiaires qu’elle n’avait jamais présenté l’expression pelleter des nuages. Vieux mot tard que jamais : corrigeons cela.
Qui pellette des nuages, dans le français populaire du Québec, vit dans ses rêves, loin de la réalité. Le pelleteux de nuages est un rêveur; on l’espère doux. Pierre DesRuisseaux évoque aussi l’idéaliste (p. 236).
Autres points de vue chez Léandre Bergeron : «Quelqu’un qui parle pour ne rien dire» (1980, p. 338); «Enculeur de mouches» (1981, p. 32).
Le Fonds de données linguistiques du Québec, parmi ses exemples, en tire un de Quand les guêpes se taisent de Stéphanie Pelletier : «Rappelle-moi de pus jamais prendre d’ostie d’artistes travailleurs autonomes pelleteux de nuages de crisse comme clients !»
Ces brèves définitions et cet exemple entraînent deux questions. Peut-on pelleter des nuages par en avant ? Dans la cour du voisin ?
Tant d’interrogations, si peu d’heures.
Références
Bergeron, Léandre, Dictionnaire de la langue québécoise, Montréal, VLB éditeur, 1980, 574 p.
Bergeron, Léandre, Dictionnaire de la langue québécoise précédé de la Charte de la langue québécoise. Supplément 1981, Montréal, VLB éditeur, 1981, 168 p.
DesRuisseaux, Pierre, Trésor des expressions populaires. Petit dictionnaire de la langue imagée dans la littérature et les écrits québécois, Montréal, Fides, coll. «Biblio • Fides», 2015, 380 p. Nouvelle édition revue et augmentée.
Pelletier, Stéphanie, Quand les guêpes se taisent, Montréal, Leméac, coll. «Nomades», 2018, 152 p. Édition originale : 2012.
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