Divergences transatlantiques 012

Publié le 07 avril 2011

Soit un «Récipient isolant à double paroi de verre séparée par un vide, qui maintient durant quelques heures la température du liquide qu’il contient», au genre fluctuant (le Petit Robert, édition numérique de 2010).

Au Québec, le mot est surtout masculin : «Il aurait juré qu’il n’y était pas il y avait un moment à peine, et pourtant, assis sur un banc de fortune, il se versait un café de son vieux thermos taché d’encre, avec l’attention de quelqu’un que rien n’avait déconcentré et avec la lenteur de celui qui avait tout son temps» (Claire Séguin, la Trace).

En France, il paraît être beaucoup employé au féminin : «Je vais bientôt servir, et puis tu en profites pour apporter l’eau et le vin, qui sont dans la glacière et la glacière dans le coffre et, non, pas la Thermos de café, ne la cherche pas, elles est là, oui, c’est tout» (Christian Gailly, p. 135); «Valdimar reposa la pièce, ouvrit sa thermos de café et versa la boisson brûlante au fond d’une tasse» (Arnaldur Indridason, p. 51).

Heureusement qu’il y les Belges : «La mise au rebut de la boîte à tartines, de la bouteille Thermos et l’adieu définitif à la machine à pointer» (Nicolas Ancion, Les ours n’ont pas de problème de parking).

Références

Ancion, Nicolas, Les ours n’ont pas de problème de parking, édition numérique, Saint-Cyr sur Loire, publie.net, coll. «Fiction 17», 2011 (2001).

Gailly, Christian, les Évadés, Paris, Éditions de Minuit, coll. «Double», 65, 2010 (1997), 234 p.

Indridason, Arnaldur, la Rivière Noire, Paris, Métailié, coll. «Métailié noir», 2011 (2008), 299 p. Traduction d’Éric Boury.

Séguin, Claire, la Trace, livre numérique, Lévis (Québec), Fondation littéraire Fleur de Lys, 2006, 320 p.


6 réactions sur Divergences transatlantiques 012

  • Rien que pour le plaisir d’être associé, ne serait-ce que le temps d’une note de blog, avec Christian Gailly suffit à me comble de bonheur :-)
    Merci !

  • Stéphanie dit :

    Probablement parce que « Thermos » renvoie à une bouteille ou une tasse, en sous-entendu. Chez nous on dit « un Thermos » parce que la marque a pris une entité en elle-même, la marque est pratiquement devenue un nom commun, comme un Kleenex ou un Frigidaire. Mais, je me dis que cela doit aussi venir de notre tendance à dire « un » moustiquaire ou « une » autobus.

  • Il y a quelque temps, on a vu, citation de Christian Gailly à l’appui, qu’une Américaine n’est pas une américaine. [...]

  • Ceci est une des cinq entrées les plus populaires de l’Oreille tendue en 2012.

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