Complexité sacrée

L’Oreille tendue a déjà eu l’occasion de souligner l’existence d’un fort courant d’euphémisation dans l’usage des jurons au Québec. Ainsi, au lieu de dire tabarnak, on choisira tabarnan.

De même, les sacres sont souvent l’objet d’une proliférante relexicalisation. On peut, par exemple, utiliser tabarnak à plusieurs sauces : tabarnak !, mon tabarnak, tabarnak de x, tabarnaker quelque chose, s’en tabarnaker, s’en contre-tabarnaker, s’en contre-saint-tabarnaker, etc.

Démonstration conjointe de ces deux phénomènes dans un tweet récent de @mmegreenwood : «j’peux pas m’empêcher de vouloir encore que les Canadiens gagnent, même si on s’en contretabaslaque total, rendu là.»

Contre + tabarnaker => contre + tabaslaquer (euphémisme) => Contretabaslaquer.

CQFD.

P.-S. — La croyance dans le succès des Canadiens de Montréal — c’est du hockey —, même quand il est de plus en plus improbable, fait aussi partie de l’inconscient collectif québécois.

 

[Complément du 7 mai 2013]

 Radio-Canada, 7 mai 2013

Autre exemple, conjoignant hockey et euphémisation, tiré du site de Radio-Canada aujourd’hui.

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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