Au niveau de
Publié le 08 octobre 2009
Cette expression, la plus nivelante qui soit, n’est pas moins populaire en France qu’au Québec. Dans la plupart des cas, elle pourrait être abolie sans grande perte.
Il y a quelques créateurs, ici et là, pour laisser entendre qu’on en abuse.
Ici : «si je peux me permettre, j’éclaircirais au niveau de la couleur, quelques mèches», écrit Suzanne Myre dans la nouvelle «Naissance et mort d’une calvitie» de son recueil Humains aigres-doux (p. 148).
Là : «Un requiem, c’est magnifique / Mais c’est quand même tout un symbole / Au niveau d’la dynamique / C’est pas la Compagnie créole», chante Bénabar dans la pièce «Allez !» de son album Infréquentable. (En passant, c’est faux : il faut le fréquenter.)
Heureusement que ceux-là existent.
Références
Myre, Suzanne, Humains aigres-doux, Montréal, Marchand de feuilles, 2004, 157 p.
Bénabar, Infréquentable, Sony BMG, 2008.
6 réactions sur Au niveau de
C’est à peu près l’équivalent de l’expression anglaise « in terms of » qu’on entend partout et qui ne veut rien dire, sauf au niveau conatif pour annoncer qu’on va dire quelque chose.
[...] (Merci à Antoine Robitaille, grand pourfendeur de «au niveau de».)
[...] La preuve est faite une fois de plus, et bien faite : les portes ouvertes sont les plus faciles à enfoncer. [...]
[...] Ce n’est peut-être pas possible : débarquer dans un pays, le décrire dans un livre et être apprécié des autochtones. [...]
Cela a commencé, le 16 décembre, par un tweet de @MFBazzo [...]
[...] Elle aime qu’il ne tombe pas dans les travers linguistiques de l’époque (à quelques «au niveau de» près). [...]