Le bon vieux temps est-il poche ?
Publié le 22 décembre 2009
Il y a jadis naguère, j’étais petit. Dans la cour d’école, l’adjectif poche avait largement cours : un jeu pouvait être poche, Untel aussi, l’école indubitablement. Ce n’était pas très grave que quelque chose soit poche, même si le mot était évidemment synonyme de nul, inintéressant, moche, etc.
Je le croyais tombé en désuétude. Je me trompais.
Au fil des années récentes, les journaux montréalais l’ont utilisé à l’occasion. La Presse : «Concours “affichage poche”» (22 mars 2005, cahier Actuel, p. 7); «Poche au cube» (5 avril 2007, cahier Arts et spectacles, p. 9); «La vie est poche» (7 avril 2005, cahier Actuel, p. 1). Le Devoir : «L’école full poche» (9 juin 2009, p. A6).
J’en relève aussi une occurrence la semaine dernière : «“Les victoires morales, c’est poche.” Il importe à Cammalleri que le CH reste uni dans les malheurs» (la Presse, 18 décembre 2009, cahier Sports, p. 2). Qu’avait dit le numéro 13 des Canadiens de Montréal (le CH) en version originale ? «It sucks.»
On trouve même le mot dans la médiocre «adaptation québécoise» de Tintin par Yves Laberge, les Aventures de Tintin. Colocs en stock : «Ah ! j’me trouve poche…» se lamente le héros à la houppe (p. 53).
Cet adjectif a la vie bien plus dure que je ne le croyais.
Référence
Hergé, les Aventures de Tintin. Colocs en stock, Casterman, 2009, 62 p. «Adaptation pour le Québec : Yves Laberge.»
2 réactions sur Le bon vieux temps est-il poche ?
[...] «Comment un disque aussi bath a pu donner lieu à un spectacle aussi poche, je me le demande encore» [...]
[...] Il y a dix jours, l’Oreille tendue s’est mise à parler, histoire de signaler un trait de la prononciation de certaines chroniqueuses culturelles de la radio de Radio-Canada, soit un double accent d’intensité : sur quelques adverves, plus précisément sur la première syllabe de ces adverbes. [...]