Le temps (maudit) des rétrospectives
Publié le 31 décembre 2009
La fin d’année entraîne toujours sa foultitude de rétrospectives. Ces jours-ci, il y en a partout, pour 2009 comme pour l’ensemble des années 2000. La langue n’y échappe pas.
J’ai déjà signalé la liste des catchphrases et buzzwords de 2009 du New York Times, de même que les mots de l’année des éditeurs du dictionnaire Merriam-Webster (to admonish) et d’Oxford University Press USA (to unfriend).
Patrick Lagacé, sur son blogue de cyberpresse.ca, a organisé un sondage : corruption serait le mot de l’année 2009 au Québec.
Le Globe and Mail propose ses «mots de la décennie» ici, prononciation à l’appui. Comme on le verra — on l’entendra —, beaucoup de ces mots sont liés à l’air du temps technologique. Attention : site très mal foutu.
The New Yorker cherche — sans succès — une expression pour résumer les années 2000, «this unnameable decade». Le magazine ne doit pas connaître ego.com, la réponse de Céline Harvey à un concours organisé par Marie-France Bazzo en 2004 avec exactement le même objectif.
Le Devoir y va d’une entreprise différente : elle a choisi de consacrer un article par jour aux «Objets de 2009». Le premier, celui du 28 décembre, a le mérite de rappeler que certains de ces objets ont une dimension linguistique plus forte que d’autres : la cravate du criminel à cravate — la variété locale du criminel en col blanc — a pris un nouveau sens à cause des fraudes financières des dernières années; cet accessoire désuet de l’uniforme masculin a dorénavant fort mauvaise presse.
Ma propre contribution à l’entreprise rétro-anthologique pour la décennie écoulée ? Elle tiendrait en un titre d’article : «Le modèle québécois : le Québec se veut un leader au niveau du festival.»
6 réactions sur Le temps (maudit) des rétrospectives
J’ajouterais : «Le modèle québécois : le Québec se veut un leader citoyen au niveau du festival, dans le sens de capitale festive, quelque part.»
Autre commentaire : pour moi, c’est l’année Purell
http://carnetsdudevoir.com/index.php/motsetmaux/commentaires/lannee_purell1/
Je pense à cette distinction à toutes les fois que j’entends Radio-Canada présenter un criminel à cravate montréalais en utilisant la formule suivante : «le soi-disant conseiller financier Earl Jones [...]
Tout un chacun le sait : l’Oreille tendue n’aime pas les rétrospectives [...]
Crosse et ses dérivés sont populaires au Québec. Démonstration. [...]
[...] [L’Oreille tendue] ne va donc pas se dédire et annoncer son «Mot de l’année 2011». [...]