Mea culpa

Denis Coderre, Montréal, 13 août 2015

Le 15 juillet 2009, l’Oreille tendue décrivait un personnage de la faune québécoise, la germaine (celle qui gère et qui mène). Elle insistait sur les deux verbes favoris de celle-ci, opérer et regarder. Elle postulait l’inexistence d’un équivalent masculin, le germain. Peut-être l’Oreille se trompait-elle.

En effet, on a pu le voir hier, il semble y avoir un germain à Montréal, son omnimaire, Denis Coderre.

Insatisfait d’une décision de Postes Canada, celui qu’on appelle aussi l’hypermaire a décidé, marteau-piqueur à la main, de s’en prendre à une dalle de béton : il opérait.

Comment expliquait-il son geste ? En conférence de presse, s’adressant à un groupe de journalistes, il a utilisé plusieurs fois le même verbe, toujours à la deuxième personne du singulier : «ergarde», le geste de Postes Canada était inacceptable.

Un nouveau personnage (linguistique) serait-il né ?

P.-S. — On se souviendra que l’usage de la deuxième personne du singulier pour parler à plusieurs personnes à la fois est un des traits de la langue de garderie au Québec.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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