L’oreille tendue de… Amélie Nothomb

Amélie Nothomb, Soif, 2019, couverture

«Ce n’est pas une métaphore : combien de fois m’a-t-il été donné de distinguer le faisceau de lumière reliant deux êtres qui s’aiment ? Lorsqu’elle vous est adressée, cette lumière devient moins visible mais plus sensible, on perçoit les rayons qui entrent dans la peau — il n’y a rien d’aussi bon à éprouver. Si l’on était capable alors de tendre l’oreille, on entendrait un crépitement d’étincelles.»

«Quelle soif grandiose ! Un chef-d’œuvre d’altération. Ma langue s’est transformée en pierre ponce, quand je la frotte contre mon palais, c’est abrasif. Explore ta soif, mon ami. Elle est un voyage, elle te conduit à une source, que c’est beau, entends-tu, oui, c’est la bonne chanson, il faut tendre l’oreille, il y a des musiques qui se méritent, ce tendre murmure me réjouit jusqu’à mes tréfonds, j’ai en bouche ce goût de pierre.»

Amélie Nothomb, Soif, Paris, Albin Michel, 2019. Édition numérique.

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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