Les zeugmes du dimanche matin et d’Adeline Dieudonné

Adeline Dieudonné, la Vraie Vie, 2018, couverture«La principale fonction de ma mère était de préparer les repas, ce qu’elle faisait comme une amibe, sans créativité, sans goût, avec beaucoup de mayonnaise.»

«Je suis allée jusqu’à la voiture à remonter le temps. J’ai attrapé une barre de fer et j’ai frappé. Frappé le pare-brise, frappé le capot, frappé le micro-ondes, frappé toute cette année de travail, de dessins, de recherches et d’espoir.»

«Mais sitôt les forains partis, chacun s’en retournait à sa prostration solitaire, devant sa télé, cultivant, au choix, dépression, aigreur, misanthropie, apathie ou diabète.»

«Je connaissais ses cris, quand mon père perdait le contrôle de sa colère et du Glenfiddich, mais c’étaient des petits cris d’amibe.»

«Du côté de ma mère, il n’y avait plus que ma grand-mère, malade et vieille. On allait la visiter une fois par an dans une maison de retraite qui sentait l’ennui, le renoncement et le beurre rance.»

Adeline Dieudonné, la Vraie Vie, Paris, L’iconoclaste, 2018, 200 p. Édition numérique.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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