Les zeugmes du dimanche matin et de Laurent Mauvignier

Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit, 2020, couverture

«Il s’assied tous les soirs, à l’heure du repas, dans la cuisine de son enfance, et, même entièrement refaite, on n’y peut rien, rien ne change dans le secret du temps, il ne suffit pas de rénover, retaper, cacher sous la peinture et la modernité, il y a toujours, qui affleurent, des relents d’une époque qu’on voudrait oublier» (p. 83).

«[…] oui, il arrive qu’on soit soulagé de la fermeture d’une usine, comme celle-ci où on a fabriqué pendant plus de quarante ans des plaques ondulées en fibrociment pour les bâtiments agricoles et des raccords de tuyauteries, mais surtout des cancers, et, pour ceux qui n’en sont pas morts, des dépressions liées à la peur de l’amiante, de vivre avec cette saloperie en soi» (p. 186).

«Et tout ça pour faire quoi de mieux, quoi de plus que venir s’enterrer dans un bled pourri du centre de la France, au milieu de rien, de champs suintant le pesticide et le cancer, l’ennui, la désertification et le ressentiment ?» (p. 577)

Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit, Paris, Éditions de Minuit, 2020, 634 p.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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