Voilà qui est clair

Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit, 2020, couverture

C’est un des dadas de l’Oreille tendue : elle n’aime pas le verbe décéder. Elle pense que les gens meurent, tout simplement.

Laurent Mauvignier paraît ne pas non plus aimer les euphémismes.

En 1999 : «comme les gens disent, parler de dernière demeure pour se faire croire qu’il y a des restes de vie, une demeure comme une petite maison ou un logement avec un petit confort quand même» (p. 33).

Cette année : «Est-ce qu’il dira ce mot qu’il ne prononce jamais et qui est pour lui comme un mot trop prudent, ou qu’il fera comme les gens qui parlent de quelqu’un en disant qu’il est décédé pour dire qu’il est mort — pourquoi ils ne disent pas qu’il est mort, plutôt que d’essayer de planquer le cadavre dans ce mot embaumé, faussement pudique ? décédé ?»

Merci.

 

Références

Mauvignier, Laurent, Loin d’eux, Paris, Éditions de Minuit, 1999, 120 p.

Mauvignier, Laurent, Histoires de la nuit, Paris, Éditions de Minuit, 2020, 640 p. Édition numérique.

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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