En direct de la cour d’école 001
Publié le 22 juin 2009
Les journalistes franco-québécois n’hésitent guère à employer le mot full (beaucoup, très). Ils le mettent parfois en italiques, histoire de le garder un peu à distance, mais, autrement, cela fait partie de leur vocabulaire. Ils montrent par là qu’ils sont sensibles à ce qu’ils imaginent être la langue des jeunes.
Un éditorial du Devoir sur la persévérance scolaire s’intitule «L’école full poche» (9 juin 2009, p. A6). Pour celui sur la non-persévérance écologique montréalaise, la Presse a choisi «Un plan full Kyoto» (19 mai 2007, cahier Plus, p. 7). Plus tôt, on y recommandait de «Vivre full éthique» (17 février 2005, p. 1).
De source sûre, je sais cependant que l’usage, dans les cours d’école, a changé : full de est devenu courant. On peut dire aussi bien «full cool» que «full de cool», «full mal» que «full de mal», «full diff» que «full de diff» (difficile).
Les linguistes du futur expliqueront peut-être cette construction par l’influence du modèle «full + nom» : «T’as full de choses»; «Y a full de personnes»; «J’ai full de devoirs».
Quoi qu’il en soit, et en attendant, le fossé linguistique entre les générations se creuse sous nos yeux.
7 réactions sur En direct de la cour d’école 001
J’aimerais pouvoir vous aidez mais je ne comprend FULL de rien, que dalle, style, genre, comme.
«C’est full de diff, avoue !»
J’ai déjà eu l’occasion de signaler la fortune, au Québec, de full. [...]
J’ai déjà eu l’occasion de relever quelques formes nouvelles de l’apocope : diff pour difficile, confo pour [...].
J’ai déjà eu l’occasion de parler apocope lexicale (diff pour difficile, confo pour confortable) et apocope syntaxique (C’est moi, l’équipe école). [...]
[...] Le fossé linguistique entre les générations se creuse sous nos yeux. Bis. [...]
Parmi les nombreux usages de Twitter, celui-ci : se faire rappeler que la langue, et notamment la populaire, a bougé, bouge et continue de bouger. [...]