
«Dieu n’est vraiment qu’un salaud. Pensez-y deux minutes. Il crée l’homme et la femme à son image. Il les installe au milieu d’un jardin merveilleux où tout est beau, doux et agréable. C’est le paradis. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes et ça pourrait durer éternellement. Mais voilà qu’il plante au beau milieu du jardin un arbre sur lequel est écrit : défense de toucher. C’est vraiment dégueulasse. Il aurait quand même pu le mettre ailleurs, son arbre de la connaissance. Il aurait pu l’entourer d’une barrière, genre grillage et fils de fer barbelés hérissés de lames de rasoir, comme à Guantánamo. Au lieu de ça, il met son arbre bien en vue. Il y fait pousser le plus beau fruit de la création. Il va voir Adam et Ève en leur disant qu’ils ont tous les droits, sauf celui de manger le fruit de l’arbre du bien et du mal.
On connaît la suite.»
Éric Plamondon, Pomme S. Roman. 1984 — Volume III, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 63, 2013, 232 p., p. 45.
Au cinquième chapitre de Candide (1759), le conte de Voltaire, on lit : «Je demande très humblement pardon à Votre Excellence, répondit Pangloss encore plus poliment, car la chute de l’homme et la malédiction entraient nécessairement dans le meilleur des mondes possibles.»
Voltaire est toujours bien vivant.
P.-S.—L’Oreille tendue a présenté ce texte le 3 octobre 2013.
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