À peu près aussi bien que bon

Il y a un an, le fils aîné de l’Oreille tendue a passé quelques jours à Paris. Caméléon linguistique, il a réussi à se fondre dans la conversation ambiante sans trop de mal. Il n’y a qu’un signe d’appartenance non autochtone dont il n’était pas parvenu à se défaire : l’emploi passe-partout du mot correct.

Ce qui, chez un Hexagonal, aurait été bien ou bon était correct chez lui — un plat, un comportement, une œuvre d’art. Utilisant correct, il ne sous-entendait aucun (léger) vice caché. On lui demandait s’il appréciait son voyage et il répondait «Correct». Pour lui, ça allait.

On trouve plusieurs bons exemples des usages québécois de correct dans le roman Comme des sentinelles de Jean-Philippe Martel, ce mot qui marque la (quasi-) satisfaction : «un “gars correct” sur qui on pouvait à peu près compter» (p. 57); «Peut-être rien d’extraordinaire, là, mais correct, tu sais ?» (p. 91); «j’ai décidé qu’il n’y avait pas de quoi m’en faire, que ce n’était peut-être pas normal, mais que ça allait, là; que c’était correct» (p. 109); «Elle dit que c’est pas correct pour lui» (p. 124); «—Tu veux peut-être que je te le rappelle ? —Non, ça va être correct» (p. 169).

Synonymes : oui et tiguidou.

Antonyme : moyen.

Remarque : dans certains cas très spécifiques, correct peut avoir valeur d’antiphrase et marquer une désapprobation (qui refuse de s’avouer). Exemple : «Les enfants de X refusent de parler à leur mère. C’est correct comme ça.»

Prononciation : la prononciation du t final est facultative.

Référence

Martel, Jean-Philippe, Comme des sentinelles, Montréal, La mèche, 2012, 177 p.

2 réflexions au sujet de « À peu près aussi bien que bon »

  1. marie-eve gablain

    expression énervante
    J’ai pas rien dit !
    si vous avez rien dit pourquoi le PAS? donc vous avez dit quelque chose ….

    A+

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  2. Bernard Wright-Laflamme

    Chère Oreille,

    Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais la Journée nationale des patriotes est en train de laisser tomber sa majuscule. La « migration » n’est pas complète sur son site (http://www.1837.qc.ca/), mais l’OQLF et les sites du gouvernement semblent avoir adopté la minuscule. Cela ne me surprend guère de la part du politique (qui cherche à confondre patriotes et nationalistes), mais que l’OQLF suive me sidère.
    J’ai vérifié les textes de loi de 2002 et la fête utilise bel et bien la majuscule.

    Répondre

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