L’organe de la sensibilité

Soit le tweet suivant, de l’excellent @machinaecrire :

«Mon gros nerf fait dire qu’il est vraiment heureux d’être rentré de vacances.»

Le lisant, l’Oreille tendue s’est souvenue de l’entrée «Nerf» de son Dictionnaire québécois instantané (2004, p. 148) :

1. Gros ~. Organe de la sensibilité. Être sur le gros nerf. «Sur le gros nerf : à cause du pétrole, notamment» (la Presse, 16 mars 2003).

2. Les ~. Se prononce sur un ton impatient mais encore amical pour inviter un interlocuteur à se calmer. Les nerfs, Chose !

Exemple dissonant, repéré depuis, chez Victor-Lévy Beaulieu : «Voltaire est sur le gros nerf […]» (Monsieur de Voltaire, p. 81).

Il faudrait encore ajouter que, les nerfs, on peut les pogner; c’est une manifestation de la colère.

«C’est peut-être pour ça que Tommy a pogné les nerfs après Larry» (Attaquant de puissance, p. 134).

Heureusement, il y a un antidote à tout cela : respirer par le nez.

Références

Beaulieu, Victor-Lévy, Monsieur de Voltaire. Romancerie, Montréal, Stanké, 1994, 255 p. Ill.

Hotte, Sylvain, Attaquant de puissance, Montréal, Les Intouchables, coll. «Aréna», 2, 2010, 219 p.

Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, Dictionnaire québécois instantané, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.

Dictionnaire québécois instantanté, 2004, couverture

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

1 pensée sur “L’organe de la sensibilité”

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*