En rafale

Logo, Charles Malo Melançon, mars 2021

En vrac, ci-dessous, des notes sur quelques-unes des (re)lectures de l’Oreille tendue au cours des derniers mois.

Bouchard, Serge, Un café avec Marie, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 2021, 270 p.

Ce «parleur compulsif professionnel» (p. 117), cet «humain qui parle sans arrêt» (p. 183) s’est tu le 11 mai 2021. Il va nous manquer, pas seulement au sujet de Claude Provost.

Brea, Antoine, l’Instruction. Roman, Montréal, Le Quartanier, série «QR», 154, 2021, 310 p.

Conseil : tenez-vous loin du système judiciaire français, des gens qui y rendent la justice et des gens qui y écrivent («les abus de majuscules et les précautions de langage […] sont le trait propre de l’administration», p. 53).

Guèvremont, Germaine, le Survenant. Roman, Paris, Plon, 1954 (1945), 246 p. Suivi d’un «Vocabulaire».

On peut s’intéresser au personnage du «Grand-dieu-des-routes», celui qui donne son titre au roman. On peut lui préférer Angélina, notamment dans une belle scène de lecture (p. 42-45).

Hoedt, Arnaud et Jérôme Piron, Le français n’existe pas, Paris, Le Robert, 2020, 158 p. Préface d’Alex Vizorek. Illustrations de Xavier Gorce.

Vous n’aimez pas les puristes ? Eux non plus. Vous aimez Jean-Marie Klinkenberg ? Eux aussi.

Mauvignier, Laurent, Histoires de la nuit, Paris, Éditions de Minuit, 2020, 634 p.

Roman efficace dans le registre de la peur, avec une finale forte, qui a au moins deux cents pages de trop.

Messier, William S., Épique. Roman, Montréal, Marchand de feuilles, 2010, 273 p.

Parmi les questions intéressantes de ce roman : quel serait le meilleur superpouvoir, voler ou être invisible ?

Plamondon, Éric, Aller aux fraises. Nouvelles, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 159, 2021, 106 p.

L’Oreille avait beaucoup apprécié, d’Éric Plamondon, la trilogie 1984 (voir ici, par exemple). Elle avait pensé le plus grand mal de Taqawan (2017) et de Oyana (2019). De ce recueil, elle retient la nouvelle centrale, «Cendres», qui relève du genre de la tall tale.

Saint-Martin, Lori, Pour qui je me prends. Récit, Montréal, Boréal, 2020, 183 p.

L’hypothèse est osée : on peut choisir sa langue maternelle (en l’occurrence, ici, le français, contre l’anglais). On pourrait cependant être sensible à autre chose : il est au moins aussi difficile de quitter une langue que sa classe sociale.

Saule, Tristan [pseudonyme de Grégoire Courtois], Mathilde ne dit rien. Roman. Chroniques de la place carrée. I, Montréal, Le Quartanier, coll. «Parallèle», 02, 2021, 280 p.

«Thriller social» (quatrième de couverture), au contenu roboratif : «Tout peut arriver. Si elle a appris une seule chose de toute sa vie, c’est bien celle-ci. Le pire, sans aucun doute» (p. 106). Vivement la suite.

Thomas, Chantal, De sable et de neige, Paris, Mercure de France, coll. «Traits et portraits», 2021, 199 p. Avec des photos d’Allen S. Weiss.

Vous saviez, vous, qu’on peut skier sur les aiguilles de pin ou «grépins» (p. 137) ?

Turgeon, David, l’Inexistence. Roman, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 156, 2021, 219 p.

Il y a plusieurs David Turgeon (celui-ci, celui-là). En voici un nouveau. À lire comme les autres.

Verne, Jules, le Pays des fourrures. Le Canada de Jules Verne — I, Paris, Classiques Garnier, coll. «Bibliothèque du XIXe siècle», 77, 2020, 549 p. Ill. Édition critique par Guillaume Pinson et Maxime Prévost.

A-t-il déjà été noté que les personnages de Verne ont plus d’une fois pratiqué le surf géologique ? C’est le cas dans ce roman de 1872-1873 comme dans les Enfants du capitaine Grant en 1868.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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